Chapitre 11 : 1918, une douloureuse libération

Au terme de quatre longues années d’occupation, le Nord et Seclin vont connaître les heures de la libération. Mais l’épilogue tant attendu va se faire dans une ville dévastée.

La guerre de mouvement reprend
Au printemps 1918, la situation militaire prend une tournure exceptionnelle puisque le front va bouger. Avec la signature de la paix avec la Russie bolchevique le 3 Mars, les armées allemandes peuvent dorénavant concentrer toutes leurs énergies à percer le front occidental. A l’ouest, il y a du nouveau. 
Cette grande bataille est engagée d’abord sur la Somme le 21 mars. Plus localement, ce n’est que le 9 avril que s’engage la bataille de la Lys, appelée aussi 4e bataille d’Ypres. Entre Armentières et La Bassée, 50 000 allemands s’opposent entre autre à 20 000 portugais. 7 000 hommes sont tués, blessés ou faits prisonniers du côté allié. Mais la lutte et la défense des franco-anglais au Mont Kemmel va stopper l’attaque allemande. Début mai, l’armée allemande a avancé dans le Nord, dans la Somme, mais sans réelle réussite.
Le 27 mai, la bataille de l’Aisne commence brillamment une nouvelle fois pour l’armée allemande ; Paris n’est d’ailleurs plus qu’à 130 kilomètres et peut ainsi être bombardé par la «grosse Bertha».
Une nouvelle fois, les allemands sont incapables de profiter pleinement de leurs avances. Les alliés, mieux ravitaillés, avec les troupes fraiches notamment américaines, arrivent à stopper en juillet puis à partir de septembre à faire reculer l’armée ennemie. Encore quelques semaines, et ce sera l’armistice. Entre les deux, les malheurs vont se poursuivre et le Nord va payer un lourd tribut à sa libération.


Une visite impériale à Seclin
Lors de la bataille d’avril 1918, la maison situé au n°20 de la rue Jean Jaurès était le quartier général du 19e Corps d’Armée Saxon. Son général, Adolph Von Carlowitz a donc pris ses aises au sein de l’habitation de M. Paul Desurmont.
Le 9 avril, premier jour de l’offensive, un visiteur de marque traverse la ville ; il s’agit ni plus ni moins que du Kaiser, Guillaume II. L’Empereur ne reste pas longtemps et part vers le front où les nouvelles sont bonnes, malgré les blessés qui déjà affluent . 
Le lendemain, vers 13h15, la nouvelle se répand, le Kaiser revient. Quinze minutes plus tard, il s’engouffre à nouveau dans le QG, rue des Wetz. Après une heure trente de discussion, le voilà qu’il ressort, évidemment affublé de son casque à pointe. Un photographe a immortalisé cet instant. On y voit le Kaiser et la foule des soldats qui viennent autant le saluer que par curiosité. Il va sans dire que les Seclinois n’eurent pas le droit de venir assister à l’impériale visite.
Le temps de l’euphorie tourne court ; dès le 17 avril, Von Carlowitz fait ses bagages.

Une ville en ruine
Le Journal des réfugiés du Nord donne une vision terrible de Seclin le 24 avril 1918.
«La vie de nos envahis devient progressivement plus pénible en raison du nombre toujours croissant des soldats (...) Les cultivateurs n’ont plus rien, tout le matériel, tous les chevaux et tout le bétail leur ont été enlevés (...) Tous les
agissements des Allemands sont
combinés dans le but de ruiner notre pays (...) après avoir vidé les usines (...) après avoir enlevé dans les maisons, les cuivres, ce fut le tour des matelas ; petit à petit, les mobiliers disparaissent dans même dans les habitations les plus modestes (...) Cent cinquante familles d’Attiches et Martinsart ont été invitées à quitter leur domicile et sont parties en Belgique (...)».
Cet exode quasi complet des populations civiles va donner la possibilité lors de la retraite allemande de la mi-octobre de faire sauter de nombreux ensembles municipaux ou maisons particulières. En voici la liste publiée dans le même journal le 6 Novembre  : «la dynamite détruisit, les maisons de M. Henri Duriez, de Me Édouard Desurmont, MM. Achille Desurmont père et fils ; le chanoine Decorne ; le château des Boulets ; les maisons de M. Gustave Duriez, Me Guillemaud, MM. Leclercq-Hue, incendiées; Édouard Drieux, incendiée ainsi que la filature ; Albert Collette, notaire ; la mairie, incendiée, la façade et le clocher de l’église (trois travées démolies) (...).»

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Commentaires : 5
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