Templemars pour tous, tous pour Templemars !

Il existe deux origines étymologiques de Templemars, ville aujourd’hui aux 3 300 âmes :

 

- La première, un peu imagée, viendrait du latin « Templum Martis » signifiant « Temple de Mars ». Ceci depuis des fouilles archéologiques qui, en 1973, ont permis de trouver une petite plaque en bronze sur laquelle figure un portrait de la déesse Roma dans un cortège constitué de taureaux, de deux conducteurs et de deux prêtres. Il s’agirait du sacrifice d’un taureau honorant le dieu de la guerre Mars. Précisons qu’à l'époque impériale, le culte de Roma est représenté dans les provinces par des temples et autels construits sur autorisation d’Auguste, empereur des romains.

 

- La seconde, plus probable, viendrait du celte « Tem » signifiant « champs ou campagne » et de « marl » signifiant un sol composé de sable.

 

Cependant, Templemars a toujours été le lieu de combats de tous genres. Des gaulois aux normands jusqu’aux pirates nordiques, bon nombre d’histoires guerrières croiseront notre ville. Principal témoignage, s’il en faut, des joutes de l’épinette dont les tournois, institués au XIIIème siècle, se déroulent le premier dimanche du mois de Mars et dont le vainqueur « Roi de l’Épinette » suspendait triomphalement son épée dans l’église de la ville, elle-même baptisée Saint-Georges, saint patron de la chevalerie. 

Couvent des Bénédictines à Templemars - Source La  Voix-du-Nord
Couvent des Bénédictines à Templemars - Source La Voix-du-Nord

 

 

La croyance ira de pair avec le combat car Templemars sera, au fil de ses histoires, protégée par les sœurs Bénédictines souveraines devant le seigneur.

C’est à la Maison du Couvent des Bénédictines, au 33 rue Jean-Jacques Rousseau, qu’elles offrirent alors soin et bienveillance à tout visiteur qui passait sous le porche sans distinction de classe, de race ou de pouvoir.

Mariage de Louis XIV avec l'infante d'Espagne - Toile  de Jacques Laumonier fin XVIIème
Mariage de Louis XIV avec l'infante d'Espagne - Toile de Jacques Laumonier fin XVIIème

Depuis Louis XI (1423-1483), les Flandres espagnoles ont toujours été convoitées par le royaume de France. Ceci jusqu’au mariage de Louis XIV(1638-1715) avec l’infante Marie-Thérèse d’Autriche (1638-1683), fille du premier lit de Philippe IV d’Espagne (1605- 1665). A la mort de ce dernier, l’héritage des terres était destiné par dévolution au roi de France. Mais, les flamands espagnoles peu enclins à devenir français, refuseront la donation de leur terre en héritage. C’est la déclaration de « Guerre de dévolution » jusqu’au siège de Lille qui apportera, en 1668, la victoire de l’armée des mousquetaires du roi commandée par un certain D'Artagnan.

Né à Lupiac en 1611, sous le nom de Charles de Batz-Castelmore (1611-1673), il prendra le nom de D'Artagnan des terres gasconnes qui l’ont vues grandir. Après des études militaires à Paris, il rejoindra l’armée des mousquetaires du roi Louis XIV avec l’appui du cardinal de Mazarin. C‘est au triomphe de la guerre de dévolution, qu’il sera nommé gouverneur de Lille. Mais, notre personnage au sang chaud, s’y ennuiera au point de s’en prendre à Vauban. N’en pouvant plus de ses colères, il est renvoyé vers ses terres pyrénéennes. Il n’y restera qu’un court moment car, en pleine guerre de Hollande, il reçoit l’ordre du roi de se rendre à Maastricht pour combattre le siège de la ville contre une tentative de Guillaume III d’Orange (1650-1702).

Mousquet cavalier du roi. Source Beaux-Art
Mousquet cavalier du roi. Source Beaux-Art

 

C’est donc les yeux fermés qu’il chevauche, en 1673, les terres de notre Mélantois sur « Le chemin royal » dont la dernière halte française se trouve au couvent des bénédictines à Templemars. Bien loin alors de deviner que le lieu resterait à jamais marquer dans l’histoire en devenant le dernier du royaume de France à le voir vivant.

 

Gageons ici de nous éloigner du célèbre roman, écrit en 1844, par Alexandre Dumas (1802-1870). L’histoire de l’espionne Milady de Winter qui, sur le compte d’un certain cardinal de Richelieu, s’infiltre à la cour du roi pour impliquer la reine dans un complot maléfique. Les combats de cap et d’épée sont alors bien loin de la vérité de nos mousquets.

C’est alors qu’un certain Monsieur Alain de Libéros, passionné de chevaux, aura l’idée en 2014 de créer une association pour promouvoir les 8000 km de route sur six pays de l’Europe qu’a chevauché notre défenseur du roi. Appelé « La route européenne de D'artagnan », six trajets équestres, cyclables ou pédestre à thème traceront la biographie du mousquetaire. Depuis 2021, ils sont d’ailleurs certifiés « Itinéraire culturel du Conseil de l’Europe ».

 

Templemars étant la dernière ville étape française de notre héros, un circuit sur le thème de « La Route Royale » partant de Lupiac pour Maastricht y est tracé.

 

Cette voie contribuera surement à promouvoir notre territoire riche en petites et grandes histoires de France, des Flandres et du Mélantois. 

Sophie CHICHE – Guide conférencière – Seclin Mélantois Tourisme